Les perles sont les premiers ornements durables portés par les hommes. On les retrouve tout au long de l'histoire, offrant une infinie variété de couleurs, de formes et de matières. Les perles accompagent l'homme du berceau à la tombe comme le montrent les sépultures et les restes d'habitat.

En archéologie elles permettent d'apprécier l'évolution technologique et culturelle, ainsi que le niveau d'échanges d'une société : elles expriment le rang social, l'histoire politique et les croyances religieuses.

Les premières perles connues remontent à la préhistoire. Ce sont tout d'abord des éléments naturels (coquillages, pierres, dents, os) qui sont percés. Les perles sont ensuite gravées de signes, certainement symboles de richesse, de santé et de fertilité. Elles peuvent également représenter des concepts : la beauté, la bravoure, la protection.

Sur le site de Quinat (Charente) on retrouve des perles sous forme de dents ou d'os d'animaux portés en pendentifs datées de 38000 ans av. JC.
Les perles en ivoire en forme de seins retrouvées à Dolni Vestonice (Tchécoslovaquie) datent de 28000 ans av. JC. Il y en a plusieurs identiques formant un collier.

Perle seins
Dolni Vestonice
2800 av. JC

Les premières perles de verre sont d'origine sumérienne et remontent à 2400 ans av. JC (Caucase).
En Egypte on retrouve des amulettes à partir de 2200 ans av JC. Le mot "cha" signifie bonheur et "cha cha" signifie perle.

Les perles en verrerie mosaïquées "millefiori" sont inventées en Mésopostamie vers 1500 av. JC. Elles sont le reflet du statut social et représentent une protection.

Vers 1350 av JC, en Egypte on crée des perles de verre à noyau de sable selon des techniques complexes. Les perles de verre prennent peu à peu la place des pierres précieuses. Il s'agit de verre opaque coloré dans la masse avec des couleurs lumineuses. Elles sont façonnées avec soin. D'abord sobres, elles prennent un style plus exubérant en copiant des formes de fleurs, bourgeons, etc.
La verrerie égyptienne disparaît vers 1100 av JC.

Les perles de verre renaissent à l'époque ptolémaïque, au 4ème siècle av JC, avec la fondation d'Alexandrie. On fabrique des perles au délicat verre-mosaique représentant souvent des visages feminins, véritables chef-d'oeuvres de la miniature.

Pendant le 1er siècle av JC, la technique de la fabrication du verre sur noyau tombe en désuétude. De nouveaux fours plus grands et plus chauds permettent d'obtenir un verre plus fluide. Les composants sont plus raffinés ; on obtient une plus grande pureté du verre. Les verriers inventent la canne à souffler, mais elle est peu utilisée pour les perles.

C'est au début de l'époque romaine (100 av JC-400 ap JC) que sont fabriquées les perles les plus complexes jamais réalisées. Elles sont d'une grande variété de formes et de couleurs. Les ateliers se multiplient dans toutes les provinces romaines, les perles en verre sont échangées en Scandinavie, Chine, Mali, Iran, etc. Elles sont alors portées par tous et ne sont plus l'apanage d'une élite. Les perles cubiques aux coins arrondis ou à cotes de melon sont typiques de cette période.

Au 6ème siècle, à Byzance, les nouvelles attitudes religieuses influencent les bijoux : les amulettes en verre moulé représentent les gouttes de sang divin, les poissons, la colombe, le visage du Christ : la perle n'est plus une monnaie ou un objet purement esthétique.

En Europe, au Moyen-Age, les bijoux sont désapprouvés par l'Eglise et leur port est considéré comme une coutume païenne. Les perles sont alors utilisées en chapelets et rosaires.

Entre le 12ème et le 16ème siècle, il semble n'y avoir aucune production de perles de verre en Europe jusqu'à l'émergence de Venise.

A la Renaissance, les perles subissent la révolution industrielle: elles sont fabriquées en grand nombre pour les explorateurs, les missionnaires et les marchands. Les perles deviennent un élément important des réseaux commerciaux. L'augmentation de la fabrication entraine une variété prodigieuse et des améliorations constantes des techniques. On trouve de grandes manufactures de verre : Venise, Pays-Bas, Bohème, Moravie. Pendant cette période, l'Afrique est à la fois une plaque tournante du commerce des perles (notamment pour la traite des esclaves) et un continent où se développent et se perpétuent des techniques locales.
Les verriers vénitiens dominent en quantité et en qualité le marché mondial jusqu'au 20ème siècle.

Depuis quelques années, un courant né aux Etats-Unis redonne un nouveau souffle au perles de verre : les facteurs de perles laissent libre court à leur créativité et multiplient les innovations techniques et artistiques.

Collier mariée Cadeaux fortement chargés de symboles, témoins d'événements heureux, les perles sont volontiers montrées et utilisées puis transmises en héritage pendant plusieurs générations.
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